Botnets : le Cameroun 2e sur 54 pays d'Afrique avec 40,5 millions de détections en 2025, selon INTERPOL
Selon le rapport 2026 de l'Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL) sur les cybermenaces en Afrique, le Cameroun a enregistré 40,5 millions de détections de botnets en 2025. Le pays arrive au 2e rang sur les 54 pays du continent et représente 23,9 % des détections africaines.
On dit quoi, les gars ? Vous rechargez votre forfait le matin et, le soir, il a déjà fondu, alors que vous avez juste lu deux messages dans le groupe WhatsApp de la famille. On accuse vite l'opérateur ou le petit frère qui « emprunte » le téléphone. Mais le dernier rapport d'INTERPOL rappelle qu'il existe un autre suspect, discret : le botnet.
Un botnet est un réseau d'appareils infectés : ordinateurs, téléphones, routeurs, caméras connectées. Des pirates les pilotent à distance, sans que leurs propriétaires le sachent. Ces machines « zombies » servent ensuite à envoyer du spam, à lancer des attaques contre des sites ou à relayer des fraudes.
40,5 millions de détections, 2e rang sur 54 pays africains
D'après le rapport d'évaluation des cybermenaces en Afrique publié par INTERPOL en 2026 (Africa Cyberthreat Assessment Report 2026, page 16), le Cameroun a cumulé 40,5 millions de détections de botnets en 2025. Ces données viennent de partenaires privés de l'organisation : Trend Micro, Kaspersky, FortiGuard Labs et Shadowserver.
Une précision s'impose. Une détection n'est pas un appareil infecté, et encore moins une victime. Une même machine peut être repérée de nombreuses fois au cours de l'année. Ce chiffre mesure donc l'intensité de l'activité malveillante observée sur les réseaux camerounais, pas le nombre de personnes piratées.
Rapporté au reste du continent, ce volume place le Cameroun au 2e rang sur 54 pays africains. Toujours selon INTERPOL, le pays concentre 23,9 % de l'ensemble des détections de botnets enregistrées en Afrique en 2025.
Vulnérabilités : une part beaucoup plus faible
Le rapport mesure aussi les vulnérabilités détectées, c'est-à-dire les failles repérées sur des systèmes exposés à Internet : logiciels pas mis à jour, serveurs mal configurés, etc. Sur ce terrain, la part du Cameroun dans le total africain n'est que de 0,6 % en 2025 (page 22 du rapport).
Les deux indicateurs ne mesurent pas la même chose. Le premier suit l'activité d'appareils déjà compromis, le second les portes laissées ouvertes. Le contraste montre que, côté Cameroun, le risque se joue surtout au niveau des appareils infectés, souvent ceux des usagers eux-mêmes.
Ce que cela change pour l'usager, et les bons réflexes
Un appareil enrôlé dans un botnet peut ralentir, consommer des données en arrière-plan et exposer vos mots de passe, y compris ceux de vos applications de mobile money. Le mbom ne s'en rend souvent compte qu'au moment où son téléphone se met à chauffer sans raison.
Les réflexes de base sont simples. Mettre à jour régulièrement le téléphone, l'ordinateur et les applications. N'installer que des applications venues des boutiques officielles. Se méfier des liens reçus par service de messages courts (SMS) ou dans les groupes, même quand ils promettent un « bonus » ou un colis. Changer le mot de passe par défaut de son routeur ou de sa box. Activer la double authentification sur ses comptes sensibles. Et surtout ne jamais communiquer son code secret, même à quelqu'un qui dit appeler « de la part du service client ».
Ces dernières années, INTERPOL a mené plusieurs opérations contre la cybercriminalité sur le continent, dont celle annoncée en août 2025 sous le titre « African authorities dismantle massive cybercrime and fraud networks, recover millions ». Mais la police ne peut pas nettoyer chaque téléphone. Face aux botnets, la première ligne de défense reste l'usager. On est ensemble.