Cryptomonnaies : le Cameroun 77e sur 151 pays chez Chainalysis, mais attention aux promesses de gains
Le Cameroun se classe 77e sur 151 pays dans l'indice mondial d'adoption des cryptomonnaies de Chainalysis, pour la période de juillet 2024 à juin 2025. Mais une étude du ministère des Finances (MINFI) recense environ 170 plateformes de type Ponzi, dont les gains promis ne sont souvent jamais versés. Ce qu'il faut savoir avant de placer son argent.
On dit quoi ? Dans le groupe WhatsApp de la famille, entre deux messages de bénédiction et le kongossa du week-end, un cousin a encore partagé le lien miracle : « Dépose aujourd'hui, ton argent double le mois prochain. » Avant de cliquer, mieux vaut regarder les chiffres. Ils racontent deux histoires : un vrai intérêt des Camerounais pour les cryptomonnaies, et un terrain où prospèrent les arnaques.
77e sur 151 pays en 2025
Selon le Geography of Crypto Report 2025 de la société d'analyse Chainalysis, le Cameroun occupe la 77e place sur 151 pays dans son indice mondial d'adoption des cryptomonnaies. Cet indice couvre la période de juillet 2024 à juin 2025. L'édition précédente classait le pays 119e sur 151, pour la période de juillet 2023 à juin 2024.
Faut-il crier victoire ? Pas si vite. Chainalysis modifie sa méthode à chaque édition, et les rangs ne se comparent donc pas d'une année à l'autre. Le sous-indice des échanges entre particuliers a été retiré en 2024. Un sous-indice consacré aux investisseurs institutionnels a été ajouté en 2025. Le meilleur classement du Cameroun date de 2023 : 42e sur 155 pays, quand l'indice tenait encore compte des échanges entre particuliers, où le pays était particulièrement actif. En 2022, il était 74e sur 146 pays.
Le graphique ci-dessous retrace ces quatre rangs. Il faut le lire comme une série de photographies prises avec des appareils différents, pas comme une courbe de progression.
Environ 170 plateformes de type Ponzi
L'autre face du décor est moins réjouissante. Une étude du MINFI recense environ 170 plateformes de type Ponzi au Cameroun. Le principe est connu : les premiers inscrits sont payés avec l'argent des suivants, jusqu'au jour où les nouveaux dépôts s'arrêtent. Ce jour-là, les gains promis ne sont souvent jamais versés. Beaucoup d'épargnants ont déjà vu leur argent s'envoler comme un forfait internet en fin de mois.
Le phénomène dépasse nos frontières. En juillet 2026, l'Organisation internationale de police criminelle (Interpol) a annoncé une vaste opération mondiale contre la fraude. En août 2025, Interpol saluait déjà le démantèlement de vastes réseaux de cybercriminalité et de fraude par des autorités africaines.
Ce qu'il faut savoir avant d'investir
Premier réflexe : se méfier de tout rendement garanti, élevé et rapide. Une cryptomonnaie peut monter, mais elle peut aussi chuter fortement. Personne ne peut promettre honnêtement de doubler votre mise.
Deuxième réflexe : se demander d'où viennent les gains. Si la plateforme vous paie surtout pour recruter de nouveaux membres, c'est le signe classique d'un schéma pyramidal. Méfiez-vous aussi des retraits « temporairement bloqués » ou soumis à de nouveaux frais.
Troisième réflexe : identifier qui se cache derrière le service, où il est installé et à qui se plaindre en cas de problème. Si personne ne peut répondre, passez votre chemin. Enfin, n'investissez jamais l'argent du loyer, de la scolarité ou de la tontine.
Le Cameroun a sa place sur la carte mondiale des cryptomonnaies. Mais entre curiosité et précipitation, la frontière est mince. Les gars, on est ensemble : avant de déposer, on vérifie. Sinon, ce n'est pas la tête qui va mouiller, c'est le portefeuille qui va sécher.