Cybercriminalité : INTERPOL frappe en Afrique, le Cameroun 2e du continent pour les détections de botnets
L'Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL) annonce 1 462 arrestations dans 21 pays et plus de 105 millions de dollars récupérés lors de l'opération Serengeti III. Dans son rapport 2026 sur les cybermenaces en Afrique, l'organisation relève 40,5 millions de détections de botnets au Cameroun en 2025. C'est le 2e total sur les 54 pays d'Afrique.
Le forfait acheté le matin est déjà épuisé le soir, et toute la maison soupçonne le petit frère d'avoir passé la journée sur des vidéos. Il proteste, mais personne ne le croit. Pourtant, le coupable se trouve parfois ailleurs : un appareil infecté peut travailler en cachette pour des inconnus. C'est l'un des problèmes qui figurent au cœur de la dernière annonce d'INTERPOL.
Serengeti III : 21 pays dans le même filet
Dans un communiqué publié le 22 octobre 2026, INTERPOL présente le bilan de l'opération Serengeti III. Elle s'est déroulée du 29 juin au 31 août 2026, et les forces de l'ordre de 21 pays y ont participé. Bilan : 1 462 suspects arrêtés, 10 909 réseaux malveillants neutralisés et plus de 105 millions de dollars de fonds illicites récupérés. Les enquêteurs ont identifié 65 929 victimes, et les enquêtes financières relient ces activités à plus de 385 millions de dollars de pertes.
L'opération visait les escroqueries en ligne, les rançongiciels, le piratage de messageries professionnelles et l'extorsion numérique. Des partenaires privés ont fourni aux enquêteurs des listes de domaines suspects, d'adresses de protocole Internet (IP) et de serveurs de commande utilisés par les criminels. INTERPOL résume la leçon ainsi : la cybercriminalité ignore les frontières, et la coopération internationale reste « l'un des outils les plus efficaces » pour la contrer.
Le Cameroun, 2e pays africain pour les détections de botnets
L'opération intervient en même temps que la publication de l'Africa Cyberthreat Assessment Report 2026 d'INTERPOL, un rapport qui concerne directement le Cameroun. Un botnet est un réseau d'ordinateurs, de téléphones ou de routeurs infectés que des pirates contrôlent à distance, souvent à l'insu de leurs propriétaires. Selon ce rapport, qui s'appuie sur les données de FortiGuard Labs, le Cameroun a enregistré 40,5 millions de détections de botnets en 2025. Attention : une détection est un signal d'activité malveillante repéré par les outils de sécurité, pas un appareil infecté. Le même appareil peut donc être détecté de nombreuses fois.
Le graphique ci-dessous présente ce volume annuel.
Rapporté à l'année, cela fait plus d'une détection par seconde, jour et nuit.
Depuis que vous avez ouvert cet article, environ … détections de botnets ont été enregistrées au Cameroun, au rythme de 2025.
Avec ce total, le Cameroun se classe 2e sur les 54 pays d'Afrique, d'après la page 16 du rapport. Il représente 23,9 % des détections de botnets relevées sur le continent en 2025. Concrètement, près d'une détection sur quatre en Afrique concernait le Cameroun. Le graphique ci-dessous illustre cette part.
Ce que cela change pour les utilisateurs
Le Cameroun figure d'ailleurs parmi les 21 pays participants à l'opération, aux côtés notamment du Nigeria, du Kenya, de l'Afrique du Sud et du Sénégal. Le communiqué ne détaille toutefois pas de résultats propres au Cameroun (arrestations ou réseaux démantelés sur son sol). Les chiffres du rapport rappellent par ailleurs que les ordinateurs, les téléphones et les box du pays sont des cibles très convoitées. Pour un particulier, une petite ou moyenne entreprise (PME) ou une administration, les gestes de base restent les mêmes : mettre à jour ses appareils, changer les mots de passe par défaut des routeurs et éviter les applications installées hors des boutiques officielles. INTERPOL souligne aussi que l'intelligence artificielle facilite de plus en plus la cybercriminalité sur le continent.
Le prochain rapport dira si le Cameroun descend dans ce classement. En attendant, un forfait qui fond trop vite mérite qu'on vérifie le téléphone avant d'accuser quelqu'un : le petit frère n'est pas toujours le coupable.