Cybersécurité : environ 37 menaces par minute au Cameroun selon Kaspersky, et les menaces en ligne bondissent de 29,9 %
En 2024, l'éditeur de logiciels de sécurité Kaspersky a détecté 19,41 millions de cybermenaces sur les appareils de ses clients au Cameroun. C'est 1,8 % de moins qu'en 2023, mais les menaces en ligne bondissent de 29,9 %. De son côté, l'Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL) recense 40,5 millions de détections de botnets dans le pays en 2025.
On dit quoi, les gars ? Dans le groupe WhatsApp de la famille, il y a toujours un tonton qui partage le lien « cliquez ici pour gagner un forfait gratuit ». Derrière ce kongossa numérique, il y a une réalité bien chiffrée. D'après Kaspersky, 19,41 millions de cybermenaces ont été détectées en 2024 sur les appareils de ses clients au Cameroun. L'éditeur a présenté ces chiffres au KNext Douala, et EcoMatin les a rapportés le 14 février 2025.
Rapporté à l'année, cela fait environ 37 menaces bloquées chaque minute. Ce total ne couvre que les appareils protégés par Kaspersky : la réalité de l'ensemble du parc camerounais n'est donc pas mesurée ici.
Sur un an, le total recule légèrement. En 2023, il était de 19,76 millions, soit 350 000 menaces de moins en 2024 et une baisse de 1,8 %.
Internet prend le relais de la clé USB
Cette stabilité apparente cache un vrai basculement. Les menaces en ligne (sites piégés, téléchargements malveillants…) passent de 5,71 millions en 2023 à 7,42 millions en 2024. Cela fait 1,71 million de plus, soit une hausse de 29,9 % sur un an et un record sur les deux années publiées.
À l'inverse, les menaces locales reculent. Il s'agit des fichiers infectés, souvent transmis par clé USB. Elles passent de 14,05 millions à 11,99 millions, soit 2,06 millions de moins et une baisse de 14,7 %. Elles restent pourtant majoritaires. La fameuse clé qui fait le tour du quartier, du secrétariat bureautique au cybercafé, n'a donc pas encore pris sa retraite.
Kaspersky a aussi compté 163 298 tentatives d'intrusion en 2024 par le bureau à distance (RDP, pour Remote Desktop Protocol). Cet outil sert à piloter un ordinateur à distance, et les pirates s'en servent pour tenter d'entrer dans les machines des entreprises et des administrations.
Les botnets, l'autre front
La donnée la plus récente vient d'INTERPOL. Selon son rapport d'évaluation des cybermenaces en Afrique (Africa Cyberthreat Assessment Report 2026, page 16), il y a eu 40,5 millions de détections de botnets au Cameroun en 2025. Un botnet est un réseau d'appareils infectés, que des pirates contrôlent à distance à l'insu de leurs propriétaires. Ces chiffres proviennent de partenaires privés : Trend Micro, Kaspersky, FortiGuard Labs et Shadowserver.
Ce chiffre ne s'additionne pas aux menaces de Kaspersky, et ne se compare pas directement avec elles : la méthode, le champ et l'année diffèrent. Il donne surtout une idée de l'ampleur du problème. Cela fait environ 1,3 détection par seconde, sur toute l'année.
Depuis que vous avez ouvert cet article, environ … détections de botnets ont été enregistrées au Cameroun, au rythme de 2025 mesuré par INTERPOL.
Les autorités africaines ne restent pas les bras croisés. INTERPOL a annoncé le 22 août 2025 le démantèlement de vastes réseaux de cybercriminalité et de fraude sur le continent. Pour l'usager, les réflexes restent simples : mettre à jour son téléphone et son ordinateur, se méfier des liens trop beaux pour être vrais, et analyser toute clé USB avant de l'ouvrir. On est ensemble.