E-gouvernement : le Cameroun recule de 14 places au classement de l'ONU, d'autres pays ont avancé plus vite
Selon la dernière enquête de l'Organisation des Nations unies (ONU), publiée en 2024, le Cameroun est 155e sur 193 pays en e-gouvernement. Il était 141e en 2022 et retrouve ainsi son rang de 2016. Son indice a pourtant peu bougé. La baisse vient surtout du fait que d'autres pays ont progressé plus vite.
Le jour du bulletin, un élève découvre son rang avec surprise. Sa moyenne a à peine changé, mais il a perdu plusieurs places. Il n'a pas forcément moins travaillé que l'an dernier : ce sont ses camarades qui ont redoublé d'efforts. Le classement de l'ONU sur les services publics en ligne fonctionne à peu près de la même manière, et c'est ce qui vient d'arriver au Cameroun.
D'après l'enquête du Département des affaires économiques et sociales (DESA) de l'ONU, le pays occupe la 155e place sur 193 États membres dans l'édition 2024. En 2022, il était 141e. Cela fait un recul de 14 places en deux ans. Le pays revient ainsi au rang qu'il occupait en 2016. Son meilleur classement reste la 136e place, obtenue en 2018.
Le graphique ci-dessous montre ce parcours en dents de scie depuis 2016 (plus le chiffre est bas, meilleur est le rang).
Un indice presque stable
Le rang est calculé à partir de l'indice de développement de l'e-gouvernement (EGDI). Cette note va de 0 à 1. Elle est la moyenne de trois éléments : l'offre de services publics en ligne, évaluée par des experts de l'ONU ; les infrastructures de télécommunications, d'après les données de l'Union internationale des télécommunications (UIT) ; et le capital humain, d'après l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).
Le Cameroun obtient 0,42935 en 2024, contre 0,4498 en 2022, soit une baisse de 4,5 % de l'indice. En 2016, lorsqu'il occupait déjà la 155e place, sa note n'était que de 0,27591. Le pays a donc le même rang qu'en 2016 avec une note bien plus élevée. Attention toutefois : l'ONU signale que ses méthodes ont évolué d'une édition à l'autre, et ces valeurs ne sont donc pas strictement comparables.
Le Cameroun n'a donc pas reculé de 14 places à cause d'un effondrement de son indice. Un rang est une position relative : il suffit que d'autres pays progressent plus vite pour être dépassé. Avec un indice presque inchangé, le pays a vu d'autres États passer devant lui. Il reste devant 38 pays sur 193.
Les services en ligne progressent légèrement
Le sous-indice des services publics en ligne (OSI) mesure ce que l'usager voit directement : les portails, les démarches réalisables en ligne et la participation électronique. Il passe de 0,3916 en 2022 à 0,39885 en 2024, soit une hausse de 1,9 %. Il reste toutefois en dessous de son niveau le plus haut, 0,4706, atteint en 2020.
Ce sujet rejoint l'actualité. Le 23 octobre, Investir au Cameroun titrait : « Datacenters : la Déclaration de Yaoundé vise l'hébergement local de 100 % des données publiques critiques d'ici 2030 ». Héberger ses données dans le pays est un chantier. Proposer davantage de démarches en ligne en est un autre, et c'est là-dessus que l'ONU juge les administrations.
La prochaine enquête de l'ONU dira si le Cameroun regagne du terrain. Comme pour le bulletin, maintenir sa moyenne ne suffira pas, car les autres pays continuent de progresser. Pour remonter, il faudra une offre en ligne qui progresse plus vite que la leur, par exemple des démarches qui se terminent derrière un écran plutôt qu'au guichet.