IA générative : 8,7 % des Camerounais de 15 à 64 ans l'ont utilisée au 1er trimestre 2026, un record mais encore sous la moyenne africaine
Selon le rapport Global AI Diffusion de Microsoft, 8,7 % des Camerounais âgés de 15 à 64 ans ont utilisé un outil d'intelligence artificielle (IA) générative au 1er trimestre 2026. Ils étaient 7,8 % au 2e semestre 2025, soit une hausse de 0,9 point. Le Cameroun se classe 2e sur 5 pays avec données dans la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), mais seulement 30e sur 45 pays africains.
Au quartier, l'étudiant qui rend son exposé à 6 heures du matin ne jure plus seulement par le cybercafé : il a « un ami » qui écrit vite et ne dort jamais. Le professeur, lui, se demande comment un élève qui écrit « sa va » dans ses messages a trouvé du jour au lendemain des phrases aussi bien tournées. Cet ami, c'est l'IA générative, et les chiffres montrent qu'il se fait de plus en plus de connaissances au Cameroun.
D'après le rapport Global AI Diffusion Q1 2026 de Microsoft (page 19), 8,7 % de la population en âge de travailler, c'est-à-dire les 15-64 ans, a utilisé un produit d'IA générative au 1er trimestre 2026. C'est le niveau le plus élevé jamais mesuré par ce rapport pour le pays. Agence Ecofin avait repéré ce chiffre dans un article du 22 mai 2026.
Une progression régulière depuis 2025
La courbe monte sans à-coups. Microsoft indique 7,0 % au 1er semestre 2025, puis 7,8 % au 2e semestre 2025, et enfin 8,7 % au 1er trimestre 2026. Entre les deux dernières mesures, le gain est de 0,9 point, soit une hausse de 11,5 %. Voici l'évolution entre ces deux périodes :
Attention, ces chiffres sont une estimation. Microsoft les calcule à partir de ses propres données de télémétrie, agrégées et anonymisées. Ils mesurent une part de la population ayant utilisé un outil comme ChatGPT, Copilot ou Gemini pendant la période. Ce n'est pas un recensement des utilisateurs, et cela ne dit rien de la fréquence d'usage. Celui qui a demandé une seule fois une recette de ndolè à l'IA compte autant que le développeur qui l'utilise toute la journée.
Deuxième de la CEMAC, loin derrière le Gabon
En Afrique centrale, le Gabon fait la course en tête avec 15,0 %. Le Cameroun arrive 2e sur 5, à égalité avec la Centrafrique, le Congo et le Tchad, tous à 8,7 %. Le rapport ne donne pas de chiffre pour la Guinée équatoriale. La moyenne des cinq pays de la CEMAC couverts est de 9,96 %, et le Cameroun se situe 1,26 point en dessous. Le classement de la sous-région :
Plusieurs pays affichent exactement la même valeur, en CEMAC comme ailleurs sur le continent. Il faut donc lire ces écarts fins avec prudence.
30e sur 45 en Afrique
Sur le continent, le Cameroun occupe le 30e rang sur 45 pays disposant de données. Il partage ce rang avec le Kenya, la République démocratique du Congo (RD Congo), la Centrafrique, le Congo et le Tchad. L'Afrique du Sud domine avec 23,1 %, devant la Namibie (15,1 %), puis le Gabon et la Libye (15,0 %). Le Sénégal atteint 13,9 % et le Nigeria 10,1 %. La moyenne africaine est de 10,62 % et la médiane de 10,1 %. Le Cameroun reste ainsi 1,92 point sous la moyenne du continent.
Le Cameroun progresse donc, mais il n'est pas encore dans le peloton de tête. Ici, chaque question posée à l'IA consomme de la data et dépend d'un réseau qui ne répond pas toujours. La prochaine édition du rapport de Microsoft dira si la hausse se poursuit. D'ici là, un rappel aux étudiants : l'IA peut aider à rédiger l'exposé, mais le jour de la soutenance, c'est encore vous qui répondez aux questions du professeur.