Internet : le Cameroun compte 21 réseaux actifs en 2026, selon l'Internet Society
D'après la plateforme Pulse de l'Internet Society, le Cameroun compte 21 réseaux actifs (systèmes autonomes) sur Internet en 2026. Les mesures quotidiennes de RIPEstat avaient déjà relevé un record de 18 réseaux visibles au 31 décembre 2025. Mais sur le papier, ils étaient 33 à être enregistrés.
Dans une tontine, il y a deux listes. La première, c'est le cahier du trésorier, avec tous les membres inscrits. La seconde se fait le jour de la réunion : ceux qui sont vraiment là, cotisation en main. Les deux listes ne se ressemblent pas toujours. Pour les réseaux internet du Cameroun, c'est un peu la même chose.
Sur sa plateforme Pulse, l'Internet Society compte 21 réseaux actifs au Cameroun en 2026. Ces réseaux s'appellent des systèmes autonomes (AS, pour autonomous systems). Un système autonome est un réseau qui a son propre numéro dans le routage mondial et qui indique au reste d'Internet comment joindre ses adresses. Ce sont en général les opérateurs, les fournisseurs d'accès et certaines grandes organisations. Plus un pays en compte, moins son accès au réseau mondial dépend de quelques acteurs.
Un record déjà atteint fin 2025
Ce chiffre de 2026 confirme une hausse que l'on voyait déjà dans les données de RIPEstat, l'outil de mesure du Centre de coordination des réseaux IP européens (RIPE NCC). Au 31 décembre 2025, cet outil relevait 18 systèmes autonomes camerounais visibles dans le routage mondial. C'est le plus haut niveau depuis le début de la série, et un de plus qu'au 31 décembre 2024 : +5,9 % sur un an.
Le chiffre de Pulse est plus élevé, mais les deux sources n'utilisent pas la même méthode. Pulse reprend des mesures de sources internationales, alors que RIPEstat s'appuie sur ses propres sondes de routage. On ne peut donc pas en déduire une hausse précise entre fin 2025 et 2026. Les deux mesures ont toutefois un point commun : le Cameroun n'a jamais compté autant de réseaux visibles.
Le graphique ci-dessous montre l'évolution mesurée par RIPEstat, d'une fin d'année à l'autre.
Une croissance lente, avec quelques reculs
Le Cameroun partait de 6 réseaux visibles fin 2010. Fin 2015, on en comptait 10, puis 15 fin 2020. En dix ans, leur nombre a été multiplié par 1,8 (+80 %), soit une croissance moyenne de 6,1 % par an. Sur les cinq dernières années, la hausse a ralenti : +20 %, soit 3,7 % par an en moyenne.
La progression n'a pas toujours été régulière. Le nombre est passé de 11 à 10 en 2015, de 16 à 15 en 2020, puis de 17 à 16 en 2022. Ce sont des réseaux qui ont arrêté, au moins pour un temps, de se signaler dans le routage mondial.
Inscrits, mais pas tous présents
C'est là que la comparaison avec la tontine prend son sens. Au 31 décembre 2025, d'après RIPEstat, 33 systèmes autonomes étaient enregistrés au nom du Cameroun, mais seulement 18 étaient visibles sur Internet ce jour-là. Un peu plus de la moitié des numéros attribués servait donc réellement dans le routage mondial. Les autres existent sur le papier, sans annoncer de réseau au reste du monde.
Les 21 réseaux actifs relevés par Pulse en 2026 laissent penser que plusieurs de ces numéros dormants se sont réveillés. Les prochaines mesures de RIPEstat, attendues au 31 décembre 2026, diront si le record de fin d'année est battu. D'ici là, le trésorier du cahier des réseaux peut se réjouir : les rangs se remplissent, même si une bonne partie des inscrits n'a pas encore pris le chemin de la réunion.