Propriété intellectuelle : record de 80 demandes de brevets déposées par des Camerounais en 2024, selon l'OMPI
Selon l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), les Camerounais ont déposé 80 demandes de brevets en 2024. C'est 66,7 % de plus qu'en 2023 et le plus haut niveau de la série. Les demandes de marques atteignent aussi un record, avec 494 dépôts. En revanche, le nombre de brevets délivrés recule.
Au quartier, tout le monde connaît l'histoire : on raconte sa bonne idée au carrefour et, une semaine plus tard, le voisin a ouvert le même commerce. Pour éviter que le kongossa ne parte avec le mbom, il existe une solution officielle : déposer son invention ou sa marque. Le sujet revient dans l'actualité au moment où EcoMatin titre « Start-Up 237 : la France mobilise 2 millions d'euros pour soutenir 100 projets entrepreneuriaux au Cameroun » (14 octobre 2026). Alors, les Camerounais protègent-ils leurs idées ?
Un record pour les brevets
D'après la base statistique de l'OMPI, des déposants camerounais ont déposé 80 demandes de brevets en 2024, tous offices confondus. Ils en avaient déposé 48 en 2023, soit une hausse de 66,7 % sur un an. En cinq ans, le volume a augmenté de 150 % : il a été multiplié par 2,5 depuis les 32 demandes de 2019. La plupart de ces dossiers passent par l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), dont le siège est à Yaoundé.
Le graphique ci-dessous montre une courbe irrégulière, avec un creux à une seule demande en 2013, puis une hausse nette depuis 2020.
Cela fait près de 7 demandes de brevet par mois en moyenne. Les chiffres augmentent, mais on parle encore de quelques dizaines de dossiers par an.
Les marques progressent sans bruit
Les marques suivent la même tendance, de façon plus régulière. Selon l'OMPI, les Camerounais ont déposé 494 demandes d'enregistrement de marques en 2024. C'est 6 % de plus qu'en 2023 (466) et un nouveau record. Le volume a progressé de 43,2 % en cinq ans et a été multiplié par 1,82 en dix ans. Cela représente un peu plus d'une nouvelle marque déposée chaque jour en moyenne. Au vu de la courbe, on peut dire que la boutique veut désormais une enseigne protégée.
Si la tendance observée entre 2014 et 2024 se poursuit, KmerStats estime à environ 553 le nombre de demandes de marques en 2026. Ce n'est pas une donnée publiée : c'est une estimation de la plateforme, dans une fourchette probable de 457 à 668.
Déposer ne veut pas dire obtenir
D'autres indicateurs reculent. Le nombre de brevets délivrés à des Camerounais est tombé à 35 en 2024, contre 56 en 2023, soit une baisse de 37,5 % sur un an. Une demande n'est pas un brevet accordé, et l'examen d'un dossier prend du temps. Les dessins et modèles industriels baissent aussi : 46 en 2024, contre 63 un an plus tôt (-27 %).
À l'international, les chiffres restent très faibles. Le Traité de coopération en matière de brevets (PCT) permet de protéger une invention dans plusieurs pays avec une seule demande. Les déposants camerounais n'en ont déposé qu'une seule en 2025, après 3 en 2024. Le maximum de la série est de 5 demandes, en 2023.
En résumé, les Camerounais déposent davantage de brevets et de marques. Mais le passage du dépôt au titre délivré, puis à la protection à l'international, reste limité. Pour les 100 projets soutenus par Start-Up 237 et pour les autres, protéger son idée fait partie du travail. On est ensemble.