Transferts d'argent : la taxe a rapporté 43 milliards de FCFA à l'État en 2025, soit 35 % de plus qu'en 2024
D'après EcoMatin, l'État camerounais a prélevé 43 milliards de francs de la Coopération financière en Afrique centrale (FCFA) sur les transferts d'argent en 2025, soit 35 % de plus qu'un an plus tôt. Cette hausse suit celle du mobile money. Selon le rapport 2025 du Comité national économique et financier (CNEF), 32 667 milliards de FCFA ont transité par les portefeuilles mobiles l'an dernier.
Après chaque transfert, le téléphone vibre et un message court (SMS) détaille l'opération. On lit en général la première ligne, celle du montant arrivé chez le destinataire, puis on range le téléphone. Plus bas, une petite ligne indique la taxe. Presque personne ne la lit, sauf l'administration fiscale, qui en fait le total avec beaucoup d'attention.
Le total est connu. Dans un article publié ce 3 novembre 2026, EcoMatin indique que l'État a encaissé 43 milliards de FCFA en 2025 sur les transferts d'argent, soit une hausse de 35 % par rapport à l'année précédente. Le prélèvement se fait de deux façons. Une taxe de 0,2 % s'applique à ces opérations depuis 2022. En 2025, un montant fixe de 4 FCFA par transaction s'y est ajouté. Le journal explique la hausse des recettes par « l'essor des transferts d'argent », porté surtout par le mobile money.
Concrètement, chaque envoi coûte un peu plus cher à celui qui le fait. Comme les 4 FCFA ne dépendent pas du montant envoyé, ils pèsent davantage, en proportion, sur un petit envoi que sur un gros virement.
Une base qui ne cesse de grossir
Si la taxe rapporte plus, c'est d'abord parce que les montants taxés augmentent. Selon le rapport 2025 du CNEF, publié le 2 octobre 2026 et relayé par Investir au Cameroun, les transactions mobile money ont atteint 32 667 milliards de FCFA en 2025, un record. D'après EcoMatin, qui cite le même rapport, cette valeur a progressé de 18 % sur un an. Le nombre d'opérations est passé de 2,4 milliards en 2024 à 2,7 milliards en 2025, soit 13,8 % de plus en un an. Cela représente en moyenne environ 86 transactions par seconde, de jour comme de nuit.
Depuis que vous avez ouvert cet article, environ … transactions mobile money ont été effectuées au Cameroun, d'après le rythme moyen de 2025.
Les données du Fonds monétaire international (FMI) montrent l'ampleur du changement. Selon l'enquête du FMI sur l'accès aux services financiers, la valeur des transactions mobile money ne dépassait pas 629 millions de FCFA en 2010. Elle atteignait 12 544 milliards de FCFA en 2020.
Les deux grands opérateurs se partagent ce marché presque à égalité. Selon le rapport du CNEF, Orange Money a traité 17 176 milliards de FCFA de transactions en 2025, contre 15 491 milliards pour MTN MoMo.
Attention toutefois : toutes ces transactions ne sont pas des transferts soumis à la taxe. On ne peut donc pas comparer directement les 43 milliards de recettes aux 32 667 milliards échangés. Les recettes restent tout de même importantes : elles représentent en moyenne environ 118 millions de FCFA par jour pour le Trésor public.
Le Centre et le Littoral en tête
Le rapport ne donne aucun chiffre par région. KmerStats a donc réalisé une estimation à partir de trois éléments : le chiffre national relayé par EcoMatin, la population de 15 ans et plus par région et par sexe (Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), 2025) et le taux d'usage du téléphone pour des transactions financières mesuré par l'Enquête démographique et de santé de 2018 (EDS). Selon cette estimation, environ 727 millions de transactions mobile money auraient eu lieu dans le Centre en 2025 et 719 millions dans le Littoral. Le Sud-Ouest suivrait avec environ 329 millions. L'Adamaoua et le Sud en compteraient environ 93 millions chacun. Ces chiffres donnent un ordre de grandeur : ce ne sont pas des mesures.
Le prélèvement de 4 FCFA par transaction n'a été appliqué qu'en 2025. Les chiffres de 2026 permettront de voir s'il freine l'usage ou si les opérations continuent d'augmenter. En attendant, la petite ligne en bas du SMS mérite d'être lue : multipliée par des milliards d'opérations, c'est elle qui alimente les caisses publiques.