Web sur mobile : le Cameroun 1er sur 6 dans la CEMAC et 10e sur 54 en Afrique en 2026, avec 65,3 % du trafic venant des téléphones
Du 1er janvier au 17 octobre 2026, 65,3 % des requêtes web émises depuis le Cameroun vers les sites servis par Cloudflare venaient d'un téléphone mobile, selon Cloudflare Radar. Le Cameroun arrive ainsi en tête des six pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC). Il se classe 10e sur 54 pays africains.
Dans le taxi, serré entre un sac de plantains et la portière, personne ne pose un ordinateur portable sur ses genoux. Pour consulter les résultats d'un concours, lire les nouvelles ou suivre le match, c'est le téléphone qui sort de la poche. Au Cameroun, le geste le plus courant sur le web n'est plus le clic de la souris. C'est le pouce qui fait défiler l'écran, et parfois les doigts qui s'écartent pour agrandir une page trop petite. Les données de Cloudflare Radar le confirment : le mobile est devenu la principale porte d'entrée vers le web.
Selon Cloudflare Radar, 65,3 % des requêtes web (HyperText Transfer Protocol, HTTP) émises depuis le Cameroun vers les sites servis par Cloudflare provenaient d'un mobile entre le 1er janvier et le 17 octobre 2026. Ce chiffre porte sur une année encore en cours. Il mesure une part du trafic, pas un nombre d'internautes : un même utilisateur peut naviguer sur son téléphone puis sur un ordinateur. De plus, il ne couvre que les sites passant par Cloudflare.
Premier de la CEMAC, et de loin
Dans la CEMAC, le Cameroun devance la Centrafrique (53,5 %), le Tchad (52,4 %) et le Congo (50,9 %). Le Gabon (46,7 %) et la Guinée équatoriale (46,4 %) ferment la marche. Ces deux pays sont les seuls de la zone où le mobile pèse moins de la moitié du trafic web. La moyenne des six pays est de 52,5 %. Le Cameroun la dépasse de 12,8 points.
Le graphique ci-dessous compare les six pays de la CEMAC.
Dans le top 10 africain
Sur les 54 pays africains, le Cameroun se classe 10e. La Somalie arrive en tête (78,1 %), devant le Botswana (75,5 %) et l'Eswatini (75,3 %). Juste devant le Cameroun figurent le Soudan (66,0 %), la République démocratique du Congo (RD Congo) (65,9 %) et le Libéria (65,8 %). Juste derrière viennent l'Angola (65,3 %) et la Zambie (65,0 %). Le Cameroun fait mieux que le Nigeria (63,0 %), le Ghana (58,8 %), la Côte d'Ivoire (56,7 %), le Sénégal (56,3 %) et l'Afrique du Sud (51,4 %). La moyenne africaine est de 56,6 %. Le Cameroun la dépasse de 8,7 points.
Le graphique ci-dessous présente le classement des pays africains.
Cloudflare précise que cet indicateur décrit des habitudes d'usage. Une part élevée n'est ni bonne ni mauvaise en soi. Elle indique simplement que le téléphone domine, souvent faute d'ordinateur à la maison.
Un plateau après le bond de 2024
Sur la durée, la part du mobile est passée de 59,9 % en 2023 à 65,5 % en 2024. Elle a atteint son maximum en 2025, à 66,0 %. En 2026, sur la période allant jusqu'au 11 octobre, elle s'établit à 65,3 %, soit 0,66 point de moins qu'en 2025 (-1,0 %). Après le grand saut de 2024, la courbe semble donc se stabiliser. L'année n'étant pas terminée, ce chiffre peut encore bouger.
Le graphique ci-dessous retrace cette évolution depuis 2023.
En résumé : au Cameroun, près de deux requêtes web sur trois partent d'un téléphone. Pour les entreprises, les administrations et les médias en ligne, le message est clair : un site qui s'affiche mal sur un petit écran passe à côté de l'essentiel de son public. Le visiteur camerounais est patient, mais pas sans limite. Devant une page illisible, il écarte les doigts pour zoomer, plisse les yeux, fait glisser l'écran de gauche à droite… puis, à l'arrêt suivant du taxi, il ouvre le site d'à côté.